BANTOUSCONGO

02 Oct, 2008

L’attente d’un enracinement après un retour chez soi !

Général — Posté par KITMIENR @ 12:53

J’arrive de loin… Je ne sais pas encore combien de temps j’ai gardé ce silence… Mais je ne pouvais pas m’exprimer au moment où je venais juste poser mes fesses à Brazzaville. Deux ans se sont écoulés ou presque, alors j’estime maintenant le moment est venu de continuer mon petit bonhomme de chemin. Que l’on me pardonne cette grande absence ici où je prenais le temps de chercher des rencontres et des amitiés.


De tout ce que je me plaisais à imaginer au pays, se trouve confronté à la réalité des faits et des contingences sur place. Il faudra qu’un jour je prenne le temps de les réactualiser ces beaux projets et programmes. Le côté des coûts est complètement à revoir. Les crises financières et autres sont passées par là. Je n’ai pas réussi à installer le plus beau de mes projets, celui de tenter l’élevage des chevaux trapus et costauds ramenés du Sénégal. Je le regrette. La peur de mettre en danger ma gentille petite famille en investissant la petite épargne constituée pour commencer notre nouvelle vie à Brazzaville. Cet investissement est trop important pour une famille nombreuse.

Voici deux années que je scrute l’horizon de chez nous pour répertorier tous les projets susceptibles d’être réalisés de manière satisfaisante et qui seraient susceptibles d’être rentables. J’ai très vite senti les difficultés à travailler sur ce sujet. Les investissements de départ sont énormes. A coup sûr, ce sont ceux qui se sont jetés dans les écoles privées dans les quartiers populaires qui ont tiré leur épingle du jeu. Ils louent des logements qu’ils transforment rapidement pour les adapter à des classes. Ils ont profité de la décadence des écoles publiques autrefois seules autorisées au Congo. Ils connaissent actuellement une concurrence qui profite aux parents d’élèves. Les coûts d’écolage sont chaque année serrés… Mais nul doute qu’ils restent profitables ces projets, les enseignants sont payés petitement.

J’ai vu des scieries « made in Congo » qui sont profitables, des soudeurs ou plutôt des entreprises de constructions métalliques aussi. Investir dans la pierre reste rentable mais les coûts de base ne sont pas négligeables.

Pour faire le contour d’un projet, il est nécessaire de le réaliser soi même. J’ai ainsi implanté un petit système d’adduction d’eau. Un mois durant l’eau n’avait pas coulé dans nos robinets. C’était l’occasion pour moi de concevoir un système nous permettant de pomper l’eau d’une source souterraine d’eau située à quelques onze mètres sous sol. Le puits à creuser devait être étanche aux eaux de ruissellement grâce à des buses construites avec du ciment spécial. Nous l’avons installé en prenant le soin de placer un petit réservoir de mille litres à cinq mètres du sol sous un feuillage pour garder la fraîcheur de l’eau. Cette installation est suffisante pour une famille de quelque dix membres. Plus de facture d’eau à vie ! Un investissement de près de deux mille euros, sans compter l’acquisition du terrain… Pour commercialiser cette eau, il faudra un autre investissement … Nous la vendons aujourd’hui de façon traditionnelle dans des sachets pour les amis du quartier. Pas question de projeter le retour sur investissement de cette micro réalisation, qui ne donne qu’environ un euro par jour de vente ! …. Kitmien.


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