BANTOUSCONGO

30 Nov, 2006

Contribution à l’essai paru sur Mwinda

Général — Posté par KITMIENR @ 15:35

J’admire ici et là ces nombreux efforts que chaque congolais tente de faire pour apporter un tant soit peu sa contribution pour faire bouger cette dangereuse situation que nous connaissons depuis si longtemps.

Cet essai de Mr Kouta que Mwinda a publié sous le titre : Le contentieux préélectoral de Sassou avec la République a suscité un grand intérêt et beaucoup de commentaires, j’avais salué une contribution très fouillée et riche. J’avais signalé combien sur deux points je ne partageais pas son analyse.


Dans son opuscule précité intitulé : ‘’Le manguier, le fleuve et la souris’’ Sassou-Nguesso nous livre cet aveu pathétique inscrit à la page 25 : « J’ai en moi le sang et la terre, et je suis le produit d’une éducation. Dieu m’a fait le dépositaire du sang de mes ancêtres et l’héritier de la terre sur laquelle ils ont vécu. Leur histoire, leurs traditions, leur culture, mais aussi l’esprit des lieux m’imprègnent tout entier ».

Point n’est besoin d’ergoter longtemps pour trouver justification de la façon dont le pays est géré. C’est le fruit de l’éducation de son gestionnaire. Il a été ainsi dressé. Sa gabegie, son insouciance pour les maux dont souffrent les Congolais consécutifs à sa gestion chaotique, il les doit à son éducation culturelle. Aveu pathétique ! Nous savons désormais ce qui nous attend à force de laisser les gens issus de ce mode de culture s’installer aux commandes du pays. On criera encore au tribalisme : mais bon sang ouvrons les yeux ! N’espérons surtout pas qu’à force de dire à Sassou et ses congénères que voler c’est mauvais, ils finiront par comprendre. Eux ils pensent que c’est plutôt nous qui sommes dans l’erreur. Quand ils volent, ils ne font pas exprès, tel est leur conditionnement génétique. Tenez ! dites à un chien qu’il est contre nature de s’accoupler avec sa mère ; il vous dira : pauvre homme, vous ne comprenez pas que telle est la normalité !.

Cette démonstration ne peut être porteuse d’espoir, elle n’est vrai que pour celui qui comme Sassou l’appliquerait. Chacun de nous reçoit une éducation qu’il ingurgite et qui produit en chacun un comportement et une vie propre à chacun. Il n’est pas nécessaire de croire qu’une généralisation d’un défaut ou d’une tare est une forme d’argument. Sans en dire plus, je cite cet adage populaire bien de chez nous : « Ce qui est déjà arrivé à un homme doit être accepté comme pouvant arriver à chaque homme… ». Autrement dit, le mal-faire de Sassou dûment constaté ne peut être vu comme unique et exceptionnel à lui, de même le bien-faire d’un autre homme est aussi accessible à n’importe quel autre homme sur terre. J’ai toujours admiré cette sagesse de nos ancêtres dans leurs proverbes et leurs adages !

Ceux qui espèrent construire une nation harmonieuse avec des communautés atteintes de l’infirmité habituelle les rendant inhabiles à l’orthodoxie financière, ceux qui espèrent construire une nation congolaise avec des personnes atteintes de la malice et de l’esprit têtu les rendant rebelles à la légalité républicaine, passent à côté de la réalité. Vouloir construire une nation par le clonage, c’est vouloir maintenir en vie un arbre déjà vieux par la greffe des branches nouvelles,

Au risque d’encourir une fois encore le reproche galvaudé de ‘’tribaliste’ ; mais peu importe que l’on qualifie de dangereuse cette vérité décapante, elle est la vérité, parce qu’en réalité, la conception que l’on nous oppose suggère un concept désincarné qui voudrait nous donner à croire que la Nation serait ce que les hommes pensent qu’elle est. Cette conception me paraît confuse, trouble et changeante. Nier la situation dans la réalité sociale actuelle ou vouloir la combattre plutôt que de construire le cadre juridique sans lequel une réelle nation congolaise pourra seulement s’exprimer sans porter préjudice, c’est assurément vouloir l’indiscutable existence de la pluie qui mouille ou du feu qui brûle.

Ici aussi il y a à redire. Je sais bien que les détresses que nous subissons ne sont pas étrangères à cet esprit que je trouve un peu défaitiste. Nous sommes bien capables de construire ce Congo avec les différences qui nous enrichissent. Et nous n’avons pas à confondre difficulté et impossibilité. J’ai en souvenir ces heureux moments à l’école où nous étudions ensemble dans la sérénité toute ethnie représentée (presque). A cette époque, rien ne nous semblait compliqué et différencié de vivre ensemble avec ces différences sur quelques broutilles culturelles. Et le monde nous donne bien suffisamment d’exemples qui participent à cette future vie commune de tous les hommes si différents qu’ils soient. Ainsi si nous nous éduquons et acceptons ensemble cette forme de vie qui nous sied bien, nous arriverons à surmonter ces différences réelles mais qui vont nous enrichir à l’instar du monde que l’UNESCO a mission de nous rappeler. … Kitmien .


Commentaires

  1. Salut Grand Frère,

    Merci pour ta lucidité, mais l'ainé Nkouta n'est pas à son premier essai.
    Il ne faut autre chose que décrété un suprématisme ethnique, avec comme ethnie dominatrices : la sienne. Il s'invente des connaissantes en Sociologie historique, alors qu'il suffirait d'un travail basé sur la paléontologie linguistique, pour dégager les parentés profondes qui existent entre les Peuples Bantu du Nord au Sud du Continent, et encore plus dans le Congo.

    Au lieu de partir d'une étude sérieuse ou d'autorité, il s'appuie sur des témoignages d'un Sassou pour généraliser et assigner l'ensemble Nord du Congo dans la catégorie des incompétents, des incapables, fourbes, des voleurs...

    Peut-on attribuer à l'ensemble de nos Frères du Pool, l'ensemble des tares de Kolélas (inconstances, traitrise...) ? Et l'ensemble des Vilis seraient comme Tystère capable de contribuer près de 30 ans durant à la paupérisation ? Et Lissouba, ne-serait-il que, vu ce qu'il a fait en 5 ans, le prototype du Nibolec moyen incompétent, arrogant.... ?

    L'ainé Nkouta, traine un égoïsme inconscient . Cette myopie intellectuelle ne lui fait percevoir le vrai, le bien, la vérité que chez lui, dans son clan... Au 21ème siècle, il rescussite, expliquant les comportements des personnes par un héritage familial, dont Génétique. Gobineau, doit sourire dans sa tombe.

    Notre aîné voudrait surement créér sans doute une nation mono-ethnique, mais qu'il arrtête

    Posté par Hannibal — 01 Dé 2006, 22:46

  2. Hannibal très cher frère,

    Je suis si content de lire ta réaction ! Tu as donc déjà eu connaissance de quelques autres écrits de notre ainé...

    Je suis d'accord avec toi pour que sur ces deux points, il puisse comme chacun d'entre nous évoluer dans ses réflexions.

    En te lisant, je suis convaincu de l'accessibilité de cette constatation presqu'évidente pour nous.

    Je suis rassuré enfin que les quelques éclairages donnés dans le texte peuvent contribuer à remettre en cause ces doutes que certains frères gardent en eux...

    L'atmosphère générale de notre pays depuis l'indépendance à ce jour ne nous permet pas encore de nous ouvrir suffisamment à cet apprentissage élémentaire du bien vivre ensemble qui nous fait encore défaut.

    Alors, continuons à nous aider les uns les autres à y arriver, c'est véritablement dans ce sens que nous trouverons le chemin vrai et apaisé de notre devenir.

    Bien à toi.

    Posté par kitmien — 02 Dé 2006, 00:08


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