BANTOUSCONGO

07 Jui, 2006

Cette prise de conscience qu’il nous aurait fallu avoir !

Général — Posté par KITMIENR @ 21:42

Cela ne fait l’ombre d’aucun doute, beaucoup d’entre nous sommes embarrassés, gênés, voire ennuyés quand des projets sont continuellement pensés ailleurs et envoyés pour les pauvres d’Afrique.


Ces projets ou ces programmes sont bien vantés avant leur ultime mise en application et les résultats ne sont jamais à la hauteur des annonces malheureusement.

Que pouvons-nous donc dire en dehors de voir notre extraordinaire manque de courage, d’initiative devant ce qui nous aurait poussés contre nous-mêmes vers quelques essais d’organisation, vers des tentatives de prise de conscience sérieuse.

Que cherchons-nous prioritairement et quel serait pour nous une bonne vie commune dans notre famille, dans notre quartier, dans notre village, dans notre ville, dans notre pays, dans notre sous région, dans notre continent ? Partant du fait que le monde sans nous paraît bien mieux plaire à ceux qui le construisent.

Il y a aussi la vision que chacun de nous peut avoir du devenir commun. Alors que chacun s’exprime pour nous partager cette vision. Sa perception des insuffisances de notre vie commune actuelle avant d’élaborer le processus qui conduirait vers l’idéal.

Si l’on commence par critiquer notre structure familiale congolaise, il nous est facile de voir qu’elle est continuellement attaquée pour ce qu’elle semble être atypique dans ce monde planétaire. La structure familiale ne concerne plus que parents directs et enfants. Or, la notre a prouvé qu’elle avait en soi énormément d’atouts. Il nous suffirait probablement de bien l’affirmer juridiquement en mettant en clair toutes les relations et dépendances qu’elle contient. Un enrichissement souhaitable consisterait à lui faire adosser un aspect économique fort. C’est à dire définir la famille congolaise comme une très probable structure économique de base. Elle devra réfléchir pour se définir un objet strict d’enrichissement familial commun. La famille congolaise deviendra ainsi une cellule productrice de bien et d’épanouissement.

Lorsque cette idée sera expliquée, adoptée et mise en pratique, toutes les familles congolaises ne seront pas devenues des petites entreprises mais celles qui auront réfléchi et tenté d’être des cellules de production de biens de tout genre, auront certainement quelques avantages à montrer aux autres.

Nos yeux seront tournés vers un but familial affiché. Cela suffira pour nous occuper à voir se réaliser pour nous tous et pour chacun quelque projet de vie responsable. Peut être disposerons-nous aisément des efforts du groupe pour lancer un atelier de couture, un petit commerce de fruits et légumes produits en famille, une raisonnable fabrique de parpaings… pour commencer ! Bien entendu, il nous faudra garantir ensemble une minimale condition d’existence pour chacun des membres de notre famille, c’est ce que nous savons faire pour le moment.

Si cette idée est acceptée par tous les membres de la famille, il n’y a pas lieu de douter qu’elle constitue un bon début de cette révolution que nous ne voulons pas voir le jour chez nous. Nous attendons en vain et pour cause, une révolution politique de nos élucubrations sur le net, dans nos rues et nos campagnes.

Cette organisation nouvelle et j’allais dire personnelle ou familiale n’a pas besoin de reposer sur des structures politiques présentes ou à venir. Elle pourrait donc inspirer une organisation de quartier, de village, du pays et du continent par utilisation d’échelles adaptées… Il y a des risques certains dans ce genre d’organisation, mais les risques sont là pour que l’on en tienne compte n’est ce pas ?

C’était pourtant ce que ma mère m’expliquait quand je lui demandais pourquoi mon oncle venait brutalement de me demander de partir de chez lui où pendant neuf années au moins je vivais tranquillement pour faire mes études.

Elle cachait mal ses pleurs, et d’ailleurs j’avais fini par pleurer à mon tour.

Elle m’avait confié à son frère qui, par ailleurs, était le chef de notre grande famille dès l’âge de sept ans pour, espérait-elle me voir devenir un homme, en étudiant dans les nouvelles écoles laïques de Brazzaville.

Elle ne m’avait pas dit que, pendant tout ce temps, elle contribuait régulièrement aux richesses familiales en apportant tout ce qu’elle gagnait aux nombreuses tontines. Mon oncle avait bâti un commerce qui procurait à tous, les moyens de vivre une vie décente. Avec pour finalité de se construire individuellement un avenir par l’école, par le commerce, par un emploi.

La famille était si grande, si imposante et si belle ! Elle comptait plus d’une soixantaine de membres, chacun étant soit le grand-père, la grand-mère, le père, la mère, l’oncle, la tante, la soeur ou le frère de l’autre exclusivement… et les belles-familles qui souhaitaient se greffer à nous !

Malheureusement, ma mère, s’étant sentie lésée par rapport à l’abandon de toute assistance envers mes frères et sœurs « devenus » grands, avait décidé de ne plus verser les tontines et de s’en servir pour prendre en compte le devenir de ses ouailles. Ce qui avait provoqué une faille dans le système, avec pour conséquence, le départ brutal du lieu de vie d’un enfant de cinquième que j’étais.

Maman se devait courageusement me trouver un nouveau lieu de vie en une semaine et permettre ainsi à ce jeune enfant que j’étais de commencer à assumer son destin dans des conditions un peu exceptionnelles… Kitmien.


Commentaires

  1. Les africains doivent apprendre à s'autoresponsabiliser. Les gens ont été habitué à la vie facile, à la politique du demandeur éternel. La main tendue, juste pour demander de l'aide et nos hommes de décisions habitués au gavage. L'aide comme telle n'existe pas, ce sont des prêts dont les gens ont abusé et aujourd'hui ça s'est transformé en dettes. Nous devons revolutionner nos pensées, notre façon de voir et concevoir. Nous devons croire en nous même, apprendre à se faire mutuellement confiance, à se soutenir et à se tendre la main. En se démarquant des clivages qui nous affaiblissent. Nous sommes capables d'étonner mais il est temps de passer au concret. Aus projets concrets, des réalisations concrètes. C'est aux congolais d'élaborer des projets à leur taille car, ils connaissent quelles sont leurs besoins. Plus jamais les projets imposés par ceux qui ne connaissent pas nos réalités. Pour cela, nous devons anticiper en les élaborant par nous mêmes. C'est pour cela que nous devons être prêts en tout temps.
    Continuons à rêver...
    JOI

    Posté par Jean Okanga-Itoua — 10 Jui 2006, 15:32

  2. Bonjour,

    Je suis algéroise et je vis à Alger, pourriez-vous m'expliquer ce que c'est qu'un blog et qu'elle est son utilité exacte, j'en enttends tellement parler dans mon entourage que forcement c'est en vogue. Sâchez que vous êtes la première personne à qui je m'adresse à ce sujet, d'ailleurs j'ai trouvé ce site (novoblog) via google bien évidemment. J'ai fait un survol rapide des sujets abordés et j'ai trouvé les votres trés imposants, vous passez les choses au crible, par rapport aux autres personnes qui écrivent notre dialect en français, et entre les filles qui racontent leurs chagrins d'amour et les gars qui étalent leur péripeties, ce n'est pas vraiment cérébral comme contribution. Mais il y a une chose que je n'arrive pas à cerner, ou que plutôt la communauté des internautes n'arrive pas à à délimiter nettement : le blog est-ce un ''journal intime'' où l'on raconte sa vie et ses aventures, ou est-ce un espace perso qui est sensé apporter un plus à une audience attentive.

    Vous parlez de la prise de conscience des individus, je pense que pour que nous puissions savoir où on en est réellement, il faut que l'individu lui même arrive à s'identifier, à se définir et à se comprendre. On est tellement compliqués nous les humains. On est dominé par l'impulsivité et l'impatience, la plupart des gens souffrent d'une daualité intérieure qui les rendent indécis et qui les empêchent des fixer les efforts vers un but bien précis, qui les emêchent de canaliser l'énergie et qui les poussent à se préoccuper du superficiel, du superflu et les gens manque de ce que j'appele la remise-en-question-de-soit. Et c'est la raison pour laquelle, ils déploient tant de perfidie, d'hypocrisie, de xénophobie à l'égard des autres. Voilà, c'était ma permière intervention dans le monde du blog, et comme je ne suis pas encore membre et plus je n'arrive pas à m'inscrire, je vous donne mon adresse mail pour que vous m'expliquiez. Merci de me répondre ghania-ben@hotmail.fr

    Posté par ghania — 11 Jui 2006, 13:10


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